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Non vous trouvez pas ?
Si vous commencez à voir les genz de votre sexe avec un regard un brin lubrique... ce n'est pas le printemps...
Si vous vous dites que vous porteriez bien un truc coloré... voir même avec des petites fleurs... ce n'est pas le printemps...
Si vous vous dites "AHAHA chacun son tour"... ce n'est pas le printemps (et d'ailleurs je ne vois pas comment vous pourriez vous dire cela)
Non si vous voyez tout ça... c'est que la France est toute rose...
C'est pas super beau sur une carte de France à la télé, mais c'est dja ça
.... et pour finir le seul endroit où il n'a pas encore voyagé (et déclenché l'hilarité générale)... le Bruit qui court :
Attention ceci est un effet visuel.
Une colline.
Non en fait une butte.
Oui c’est ça c’est bien une butte.
Vos yeux zooment sur cette butte.
(vous comprendrez plus tard qu’en fait, il ne s’agit pas de vos yeux)
(mais bel & bien de la caméra)
(subtil effet technique vous en conviendrez)
(bref)
Une butte. Verte et fleurie comme toute bonne butte qui se respecte (et croyez-moi si vous n’avez aucun respect pour les buttes, elles en ont beaucoup pour elles-même) (aaah ça la solidarité entre butte n’est pas un vain mot ! ) (Déjà les Romains, au temps de leur splendeur, disaient « In buttas Veritas »)
Bref. Une butte verte et fleurie donc. Le soleil vient darder ses onctueux rayons au travers des brins d’herbe composant cette butte (toujours fourré dans les bons coups ceux là), inondant ainsi la vallée de couleurs de début d’Automne.
Bon là j’aurais bien aimé mettre « printemps » à la place « d’automne » mais j’avais déjà mis « automne » dans la première partie. Je suis bien piégé par le fil conducteur génial qui anime cette incroyable histoire. Isn’t ?
Soudain apparaît une pointe de couleur au sommet de cette butte. La tâche grandit pour laisser apparaître très clairement une belle couleur bleue. Mais attention pas un bleu ciel, un bleu marina ou un bleu cocaïne non non un bleu un peu à part ! Comment le décrire ? Vous voyez quand vous avez couru beaucoup après un bus et que le chauffeur démarre pile quand vous arrivez à la porte ? Ok alors vous commencez à saisir le bleu en question. Mais si ! Bon un autre exemple Vous voyez quand vous avez couru pour attraper votre train, que vous l’avez raté, que vous faites changer votre billet de train pour le train suivant qui part dans pas longtemps, que vous vous retrouver dans la file d’attente derrière une mamie qui commence à parler à la dame-des-billets de son petit-fils et que bon les satellites dans l’espace c’est rien de bon pour le travail des français depuis que la racaille gauchiste a transformé la carte de France en truc tout rose bonbon à la télé sur TF1 ok ? Ça commence à venir là ? C’est pas fini. Donc vous voyez quand vous achetez enfin votre billet (plus cher évidemment), vous montez dans votre wagon, puis votre compartiment. Vous voyez que c’est un compartiment fumeur - vous voyez aussi que le train à de forte chance d’être complet. Et enfin, la seconde où vous quittez votre gare, les 5 autres personnes qui vont devenir vos voisins pendant 5 longues heures, sortent tous leur Gitane Maïs et commence une douce mélopée de fumée à forte teneur de « wooohooo putain c’est pas dla clope de payday ça ! »
Ne vous imaginez pas que je veux compliquer l’affaire. Je veux juste qu’on parle bien de la même chose. On va donc appeler ce bleu (oui on parlait de la couleur là au fait), un bleu Autruche.
Donc un Bleu autruche apparaît au sommet de cette verte butte. Suivi d’un rouge carotte. Bon rapprochez la caméra qu’on aille plus vite. Pif, le bouchon de bouteille d’Evian et la douce Apolline, la pelure de carotte, apparaissent enfin ! Rayonnant après leur ébat si particulier. De retour sur les routes à la recherche des membres disparus de la Communauté du Caniveau. Et afin de rendre ce récit un brin plus dynamique, nous allons passer l’incroyablement longue description de la lande qui s’offre à nos deux héros. Je ne vous cache pas qu’une certaine poésie en serait ressorti. J’aurais sûrement joué avec les contrastes de couleur, les métaphores sur les héros grecs et j’aurais tout aussi sûrement placé quelques anecdotes croustillantes sur le mode de reproduction des navets hydrocéphales. Mais non. La poésie et la légèreté attendront. Contentons-nous d’aller à l’essentiel et de trouver logique la suite de ce récit.
Enfin tous réunis, la communauté du Caniveau a désormais tout le temps qu’il faille pour construire une longue et heureuse histoire (1), dépassant les clivages politiques et idéologiques.
Ok un peu trop rapide dans ma volonté « d’aller à l’essentiel » ?
Bon et bien on va revenir à Pif et Apolline dans ce cas.
Ils traînent donc dans la lande, non pas sans but, car leur but est bien affirmé. Mais sans réel plan d’arriver à cet idyllique objectif. Pour résumer, ils zonent comme des cons. Ils profitent de leur odyssée-à-eux pour mieux se connaître, mieux s’apprécier. Apolline apprend ainsi l’enfance malheureuse du triste Pif, elle tremble lors du récit de ses différentes aventures contre Paf le méchant lutin (2). Pif apprend quant à lui la vie plus monotone de sa compagne. Apolline a vécu une enfance heureuse au milieu d’une botte nombreuse. Trois frères et quatre sœurs. La vie a fait subir les outrages malheureusement habituels à cette petite colonie. Ses trois frères sont partis à la guerre (au front du Pot-O-Feu, tristement célèbre pour son génocide légumier). Deux de ses sœurs ont fini glacées, les deux autres en crème. Apolline échappa de justesse à la râpe. Et finie tout de même épluchée vive et jetée dans le caniveau comme une moins que rien. Pourtant Apolline avait fait de longue étude. Kant & Proudhon n’avait aucun secret pour elle. Elle avait commencé à travailler sur une très obscure thèse sur les antagonismes entre Taylorisme & Fordisme . Pour finir vulgaire épluchure dans un caniveau. Elle reprit goût à la vie au contact de la communauté du caniveau alors naissant. Très rapidement protégé par Igor la brindille, qui avait pu voir en elle une idéologue de génie.
Bon ok on n'a pas vraiment avancé dans notre histoire là hein Mais va falloir tout de même attendre la troisième partie pour comprendre l’ensemble de cette histoire (j’ai pris Matrix en seconde langue c’est pour ça). C’est incroyable incroyable.
(1) J’ai cherché à placer « trou » pour faire un jeu de mot avec « faille » mais je n’ai pas trouvé. Désolé.
(2) Disponible en édition « J’ai lu ». Il est à noter qu’il existe une version collector avec des figurines en plombs à dessiner soi-même.