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Casa et Nana sortent du métro. Tout juste sont-ils étonnés de ne voir personne dans leur rame, leur quai et leur station, pourtant à une heure traditionnelle d’affluence.Ce n’est pas bien grave après tout, ils doivent se hâter de rejoindre le lieu des festivités Ils vont encore tout rater comme l’année dernière !
C’est lorsqu’ils sont à un des pieds du phallus métallique qu’ils commencent réellement à se poser des questions : pas un bruit, pas une âme, pas une voiture, pas un bateau Rien !
« Ne devrait-il pas y avoir un peu de monde ? » demande Nana, légèrement inquiète. Casa balaye cette remarque d’un mouvement de bras. C’est lui qui a voulu venir (comme chaque année), c’est lui qui a certifié, mordicus, que « Si ! C’est bien le quatorze juillet le feu d’artifice ! ». Il ne se voit pas revenir en arrière et avouer sa pourtant probable erreur.
Ceci dit, le Trocadéro, la Tour Eiffel, le Champs de Mars et les berges de la Seine et visiblement, le reste de la Capitale semblent désertés.
« - Peut-être ont-ils eu trop chaud ? hasarde Nana, cherchant à rationaliser cette histoire.
- Et s’il avait plu, c’était parce qu’il y avait une pénurie de parapluie ? » lui rétorque d’un ton pas très assuré Casa.
Pas le moindre bruit. Rien. Même l’eau clapote doucement sans bruit.
Soudain, une rumeur diffuse semble naître au loin. Un son sourd, lourd, vrombissant. Le son se rapproche, massivement, toujours plus près, plus menaçant. Le mælström les entoure subitement : des milliers de bruits de pétards, de fusées décollant, de crépitements, des cris d’enfants, des jeunes filles ont peur que leur cheveux brûlent.
Casa et Nana se serrent l’un contre l’autre, totalement paniqués.
Tout aussi subitement, cet immense ensemble de bruit s’éteint dans un grand éclat de silence. Casa et Nana ne quittent pas leur position défensive. Ils peuvent sentir le cœur de l’autre battre sauvagement la chamade. Casa se promet que s’il sort de cette folie, il se moquera de Nana pour avoir eu peur. Nana sait déjà que, s’ils s’en sortent, cet idiot de Casa ne manquera pas de parader et niera le fait qu’il avait le visage baigné d’angoisse. Puis, supputation d’orgueil, ils se laissent totalement surprendre par une énorme explosion provenant du Trocadéro, derrière eux. Tout juste retournés, ils peuvent admirer un incroyable bouquet de couleur bleu ou vert ou rouge. Difficile à dire hein Casa et Nana sont persuadés de voir un feu d’artifice mais ne le voient absolument pas !
Casa, définitivement désappointé ne pourra qu’émettre cette seule phrase :
« J’t’avais dis que c’était hier ! »
Anatole était un mec qui avait pour unique défaut d’être un mec qui s’appelait Anatole. Enfin ça, c’était ce que lui disaient les gens. Il y’a fort à parier que dans le dos d’Anatole, on parlait plus aisément de sa propension à l’égocentrisme ego-trip.
Anatole, son ego et ses orteils n’en mènent en tout cas pas large. Pour une raison encore à élucider, il se retrouve enfermé dans une minuscule cage où de larges barreaux ne l’empêchent absolument pas de voir le monde environnant. Bon, Anatole ayant pour lui un sens inouï de la logique, l’environnement environnant, lui il s’en fout un peu. Il remarque juste le silence. Pas un bruit. Rien. Un silence qui, si je savais bien écrire, avec des descriptions bien tournées, ferez foutrement peur.
Il est bloqué en position debout, enfermé par les deux côtés de sa prison. Evidemment, ça, c’est juste pour essayer de vous faire visualiser une cage différente, un prison plus lyrique. Et si vous n’en avez rien à foutre de cette fulgurante envolée métaphorique, vous n’avez qu’à vous dire que cette foutue cage a bien ses quatre côtés réglementaires !
En levant les yeux (au dessus donc) (non mais je préfère être explicite pour tous ces cartésiens hostiles à toute poésie évocatrice), Anatole distingue très clairement la pointe d’un objet en suspension. Il ne se souvient plus très bien du nom Grec, Romain ou Ostrogoth de ce mythe mais il est persuadé d’avoir déjà lu cette situation quelque part (Oui, lorsqu’on s’appelle Anatole, on lit des situations.) Il ne se fait aucune illusion, il sait pertinemment que cette
Trois mois qu’il gigote dans cette cage trop étroite, tentant « utopiquement » de croire qu’il pourra ainsi éviter toute blessure lors de l’inévitable chute ; pas même une blessure à son orteil hein !
Il a même eu droit à la visite de son démon angélique. (Vous savez le petit démon et l’ange de votre conscience, qu’on a parfois sur l’épaule lors des prises de décisions importantes. Bon là, on n’a pas pu couvrir les frais pour l’affrètement des deux entités, alors on a mis en place un rôle pour deux.) (Je sais c’est ridicule mais voyez ça avec le service contentieux et/ou comptable.) Ce dernier dit à Anatole :
« P’tête que cette
(Ok, si c’est pour dire une si affligeante réplique, c’était bien la peine de s’emmerder.)
Le plus étrange, c’est que la clé pour sortir de la cage est en place dans la serrure et qu’Anatole l’a tout de suite vu. Du coup, deux questions s’imposent à la lecture de tout ceci :
- Pourquoi s’appelle-t-il Anatole ?
- Pourquoi n’utilise-t-il pas la clé ?
Alors ça hein, c’est beaucoup trop me demander vous savez !