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"Il m'arrive de parler avec des êtres humains comme un enfant parle à sa poupée : Il sait bien que sa poupée ne le comprend pas, mais en se faisant agréablement et sciemment illusion à lui-même, il s'offre le plaisir de la communication." - Arthur Schopenhauer -

04.11.04Les lignes de la main

Ce matin (un ours a broyé un chasseur ? non ? bon ), je suis tout tranquille dans mon métro. Je regarde les lignes de ma main. Je vous rassure, je cherche pas à faire de la divination, mais je regarde vraiment les petites lignes de ma main. Je constate (je l’avais déjà constaté à vrai dire, mais pour la trame de ce palpitant récit, on va dire que je le constate,ce matin, dans mon métro, assis sur mon strapontin) que les grandes lignes répondent aux différentes courbures possibles de ma main, aux différentes pliures que ma main peut exécuter. Ok. Super. Je ne vais très certainement pas gagner un prix Nobel avec cette incroyable découverte.

Mais subitement. Je change de paragraphe.

Et hop ! Encore une fois !

Mais ça n’arrête plus ! Et puis, ce qui ne s’arrête plus non plus, c’est mes yeux de voltiger sur la paume de ma main toujours ouverte. Les gens me bousculent pour sortir mais moi je reste interdit Je viens de prendre conscience d’un fait incroyable ! Une découverte qui va me perturber de longues heures durant. Je sais que je ne serais pas productif aujourd’hui au boulot. Je sais que je vais regarder ma main avec un mélange de ferveur scientifique et de crainte respectueuse. Je me sens dans la peau d’un Archimède dans son bain, d’un Newton sous son pommier, d’un Pasteur avec son chien.. Ah ! Ah !

En effet, je me suis rendu compte ce matin (outre le fait qu’un ours n’aura jamais l’idée saugrenue de se promener en territoire humain c’est pas con un ours) qu’ils existaient des toutes petites lignes de la main qui ne répondent à aucune flexion de ma main. J’essaye de tourner ma main dans tout les sens possible et je n’arrive pas à reproduire le cas où cette petite pliure a bien pu se créer. Vous comprenez ce que je veux dire ? Evidemment que vous comprenez. Vous comprenez tellement bien que vous venez que vous regardez la paume de la main. Et je suis peut-être le seul à avoir de telles minuscules petites lignes venant de nul part ! C’est peut-être la marque d’une entité fantasmagorique qui est venu envoûté le fœtus que j’ai pu être il y’a quelques années. Hein ! Si ça s’trouve !

Toujours assis sur mon strapontin de ma bonne vieille ligne 12, je relève la tête, le visage baigné de larme devant mon incroyable révélation : Je suis un enfant des cieux ! Ceci explique alors mon incroyable charisme et mon incroyable faculté à couper les patates (avec cette dextérité qui a fait de moi la personne à qui on dit « bon c’est toi qui t’occupes des patates moi j’m’occupe de l’huile ! ».

Subitement, je me prend une seconde rafale de réalisme en pleine tête ! Les gens se parlent tous dans le métro. Ils ont tous un sourire immense au lèvre. On est au début du mois de Novembre et dehors il fait un bon 33°C ! En flashback (je ne peux pas vous le faire dans de bonne conditions avec la lumière blanche, un peu flou et la musique stressante car ce blog n’a pas assez de moyen), je me souviens que, ce matin (un ours n’a pas tué le dernier des pyrénéens), je fus réveillé par des oiseaux sifflotant Carmen. Mon chocolat avait un doux arrière goût de miel, y’avait une fine forme encore endormie sous ma couette.

Ligne 12 je chante ton nom.
Gloria Petites lignes de ma main
Me llamo Carmen
Me gusta chocolate con miel
Avec un peu de Cannelle

# | 11.50 | moustic | quinze commentaires, c't'fete

29.11.04Le Train Episode Deux

Oui, je suis souvent dans le train.
Oui, je vous ai déjà raconté mes incroyables histoires ferroviaires ici même.
Et bien il faut croire que c’était les « Incroyables Histoires Ferroviaires Volume Un » car vous êtes présentement en train (en ce moment) (présentement) de lire la suite.

Oui, « en train » c’est fait exprès.
(C’est un métier en même temps d’être talentueux)
(si, si)

Bon, donc, je me disais que je n’aurais nul besoin de revenir sur ce sujet (pourtant captivant) (j’ai en effet reçu un prix pour « mes » crottes de nez de TGV) (et oui !).

Donc ! Qu’est ce qui a motivé cette séquelle ? Et bien, très certainement mon voisin de trois quart. (Mais si ! Le rang devant, le couloir opposé, mon voisin de trois quart quoi !). Non, si je me suis décidé à écrire tout cela, ce n’est pas à cause de la dame qui réajuste son sous-tif, juste au moment où je passe. Elle n’a évidemment pas fait exprès. Tout comme n’a pas fait exprès le train, de tourner, m’envoyant ainsi valdinguer vers cette « réajusteuse » accidentelle. Seul mon légendaire équilibre me sauvera de l’embarrassante situation, qui voit mon nez dans son pull (enfin vers là quoi ). Ni non plus à cause du rabbin à chaussette violette Ok, y’a rien de rigolo là. Mais des chaussettes violettes quand même !

Non, en fait c’est bel et bien mon voisin de trois quart. On est en Première Classe(car je suis un nanti qui ne supporte pas la promiscuité - Sauf de jeudi soir à dimanche soir. Dans le noir, ou sur la Tour Eiffel, ou sur le dos d’un Monsieur Super Indestructible, d’une Maman Elastique, d’une licorne, du diable, ou d’un sachet de thé, sucré, ou pas. Bon ok ! J’aime la promiscuité en fait ! Et j’ai eu un billet de Première moins cher ! Ça vaaaaa !)
Donc ! On est en première classe : Les gens ont le Figaro, des portables avec les derniers Divx du film de l’année prochaine et des pulls à rayures.
Mon voisin de trois quart n’a qu’un livre à la main, une oreillette à l’oreille (normal en même temps pour une oreillette) gauche, reliée à une petite radio qui doit sûrement capter (par satellite évidemment, un satellite de première quoi) la retransmission du match de foot Nice-Paris qui se joue actuellement. Bref, un monsieur somme toute « banal ».
Un moment, je le vois apporter un truc à la bouche avec nonchalance (et avec ses doigts). Pas très sur d’avoir bien vu ce qui venait de se passer, je reste aux aguets. Le temps d’envoyer un texto pour dire qu’en fait j’avais des kinders...Paf ! Il remet ça !
Cet homme mange ses cheveux !!!
(Si, si ! Il arrache un petit cheveu de son crâne, pourtant très peu fourni et hop ! Il le mange !)

Et si y’a beaucoup de point d’exclamation dans mes phrases, c’est pour simuler que le truc qui m’a forcé à écrire tout cela en valait la peine. 

Et si j’ai l’air un peu euphorique, c’est parce que je suis euphorique.

Et si vous croyez que je vais arrêter de commencer mes phrases par « Et si  », c’est que vous avez des pulls à rayures, que vous ne savez pas reconnaître de l’agneau et/ou que vous n’aimez pas les Tourtes au Poulet ! Ha ! Ha !

Et si vous croyez que je vais oublier de parler du petit et innocent Chewing-gum perdu dans ma bouche, moi à la porte du sommeil, lui à celle de mon oesophage ne craignant plus que le coup de langue l’entraînant vers un bain (non désirable) de suc gastrique...

Et si vous croyez que je vais en profiter pour parler de la machine belge à faire du caca artistique

Et si on en restait plutôt sur le surprenant éclat de rire de ma voisine de train à ma droite ?
P’tete elle a vu mon voisin de trois quart ingurgiter son dernier cheveu ou alors elle a pas de sous-tif ou il est violet

Ou alors on est mardi ?

# | 21.12 | moustic | quinze commentaires, c't'fete